
Culture minoritaire
Chez Sudanzare, la recherche artistique constitue le point de départ de chaque création, publication et projet de transmission.
Notre travail considère le mouvement non comme une simple pratique esthétique, mais comme un objet de recherche. Nous l’explorons à la croisée de la danse contemporaine, du théâtre physique, de l’anthropologie du mouvement et des sciences humaines, afin de mieux comprendre les relations entre le corps, les cultures et les formes de transmission.
Nos créations naissent d’un dialogue permanent entre recherche documentaire, enquête de terrain et expérimentation corporelle.
Pourquoi les cultures populaires ?
Les cultures populaires constituent de véritables laboratoires de connaissances sur le corps.
Pendant des siècles, les communautés rurales ont élaboré des pratiques où le mouvement, la musique, le rythme et la participation collective répondaient à des besoins sociaux, symboliques et relationnels complexes.
Longtemps marginalisés par les récits dominants de la modernité, ces savoirs offrent aujourd’hui un regard précieux sur les manières dont les sociétés construisent leur rapport au corps.
Notre recherche s’intéresse à ces formes de connaissance non pour les reproduire, mais pour comprendre ce qu’elles peuvent encore nous apprendre.
Le tarantisme : un champ d’étude privilégié
Le tarantisme occupe une place centrale dans nos recherches.
Reconnu aujourd’hui par l’anthropologie comme un syndrome culturel, il constitue un phénomène historique exceptionnel où musique, mouvement, croyances, organisation sociale et pratiques rituelles formaient un même dispositif culturel.
À travers l’étude des archives, des travaux d’Ernesto De Martino, d’Annabella Rossi, de Clara Gallini et des recherches contemporaines, nous analysons le tarantisme comme une forme de connaissance du corps inscrite dans un contexte historique et social spécifique.
Notre intérêt ne porte pas sur la reconstitution du rituel, mais sur les questions qu’il continue de poser aux artistes et aux chercheurs d’aujourd’hui.
Notre méthodologie
Notre recherche articule trois dimensions complémentaires.
Recherche documentaire
Étude des archives, des sources historiques, des travaux anthropologiques, ethnographiques et des recherches consacrées aux pratiques performatives.
Recherche de terrain
Enquêtes, observations participantes, documentation audiovisuelle et rencontres avec les praticien·nes des cultures populaires méditerranéennes.
Recherche en mouvement
Les hypothèses issues du travail anthropologique sont mises à l’épreuve dans le studio à travers la danse contemporaine, le théâtre physique, l’improvisation et la composition chorégraphique.
Le mouvement devient ainsi un véritable outil d’observation, de réflexion et de création.
De la recherche à la création
Chez Sudanzare, la recherche ne constitue pas une activité parallèle à la création artistique.
Elle en est le moteur.
Chaque spectacle, chaque atelier, chaque conférence et chaque publication naît d’un processus où les savoirs issus du terrain dialoguent avec l’expérimentation artistique contemporaine.
Cette démarche permet d’interroger le patrimoine culturel sans le figer, en faisant de la création un espace de recherche vivant.
Publications
Une partie de nos recherches est publiée sous forme d’ouvrages consacrés à la danse, au théâtre et aux cultures populaires méditerranéennes.
Ces publications prolongent le travail mené sur le terrain et offrent au public des ressources pour approfondir les dimensions historiques, anthropologiques et artistiques de nos recherches.
Créations artistiques
Les recherches menées par Sudanzare donnent naissance à des créations chorégraphiques et théâtrales présentées en France et à l’international.
Ces œuvres ne cherchent pas à reproduire les formes traditionnelles, mais à ouvrir un dialogue entre patrimoine, création contemporaine et recherche artistique.
Le mouvement y devient un espace où les archives, les récits et les gestes se réinventent au présent.
Notre vision
Nous croyons que les cultures populaires ne constituent pas seulement un patrimoine à préserver.
Elles représentent également des lieux de production de connaissances.
À travers la recherche artistique, nous cherchons à comprendre comment ces savoirs peuvent continuer à nourrir la création contemporaine, renouveler notre regard sur le corps et ouvrir de nouvelles formes de transmission.
Chaque projet est le fruit de recherches approfondies menées par nos fondateurs, notamment Tullia Conte, chercheuse en anthropologie et sociologie, et Mattia Doto, danseur et thérapeute spécialisé dans les danses traditionnelles et la thérapie par le mouvement.



